Jules Verne, l’Algérie et moi : plongée fascinante dans l’histoire secrète de cet écrivain incontournable !

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Passionnée de découvertes (lieux, restaurants..), Marion vous emmène aux quatre coins du monde à travers ses récits captivants. De ses escapades dans les villes animées aux recoins les plus reculés, elle vous transporte dans un voyage culturel envoûtant.
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Mes découvertes sur Jules Verne en Algérie

«Mesdames et Messieurs, bonsoir,

Sur son yacht, le « Saint-Michel », c’est en 1887 que Jules Verne arrive à Oran, en Algérie. Les journaux locaux de la bonne société coloniale le qualifient de « romancier scientifique et géographique fécond » et l’on espère alors que le paysage de l’Algérie lui offrira une inspiration pour un récit futur. Je le découvre aujourd’hui très tardivement. Pourtant, j’étais grand lecteur de Jules Verne durant mon enfance, dans un village algérien où la seule évasion possible demeurait la prière et l’unique loisir, le décompte des morts héroïques durant la guerre d’indépendance. Dans cet univers de deuil perpétuel, quelques-uns des romans de Jules Verne m’aidèrent à fuir et surtout à imaginer la liberté et croyez-moi, c’est le plus difficile pour une vie que de savoir être libre. Je relus, dans l’enthousiasme et la patience Vingt mille lieues sous les mers ou surtout  L’île mystérieuse une dizaine de fois. Des deux personnages de ces romans, je fis des tuteurs, des parents clandestins.

Hector Servadac : une métaphore simpliste mais révélatrice

Plus tard, bien plus tard, un moteur de recherche sur internet me fit repérer une concordance inouïe. L’auteur avait en effet visité Oran et même Mostaganem, ville de ma naissance et de ma vie d’avant mes vingt ans. Et, encore plus, cette géographie lui inspira deux récits précisément. D’abord, Hector Servadac, voyage à travers le monde solaire, en 1877, bien avant son déplacement et sur descriptions fournies par de tiers colons. Le synopsis le voici : « Dans ce livre, la terre est heurtée par une comète ; une portion de la planète est alors propulsée dans l’espace. Sur ce morceau de terre errant dans la galaxie, seule une partie, surnommée L’île Gourbi, est “féconde et agréable”.» Métaphore simpliste, mais qui a aujourd’hui un sens : l’Algérie figure un astéroïde, véritablement, se mouvant dans le cosmos de sa mémoire obscurcie par ses propres héros qui prennent toute la lumière. Une interprétation facile. On retrouve les thèmes de l’isolement, donc de la solitude dans un univers coupé de tout, une ville, une terre cloîtrée.

Clovis Dardentor : un regard humoristique sur l’Algérie

Le second récit paraîtra en 1896, après le voyage algérien : Clovis Dardentor, roman humoristique dit-on, qui propose la chronique déguisée d’un périple par train dans la vaste Oranie de cette époque, au siècle finissant. Le journal local du nom de L’Algérie comique et pittoresque rapporte sous la signature de « Le Citoyen BEZY », cette scène d’accueil de l’écrivain si célèbre : « À Oran, autour des tables sur lesquelles était servi le punch de l’hospitalité, on voyait là, côte à côte et fraternellement réunis, les membres de la magistrature debout et assise, et les journalistes. Tels, aux accords de la flûte d’Orphée, les tigres et les gazelles vivaient en paix. Décidément, l’auréole du génie fascine, et comme la musique, elle adoucit les animaux les plus carnassiers. »

Je découvre aussi que certains des paysages de ses romans proviennent de chez moi, gisaient sous mes pieds alors que je les cherchais, enfant, dans le songe. Ils m’entouraient de tout temps mais à un moment ancien. En fin de compte, mes « évasions » de jeune lecteur ne possédaient secrètement rien de si exotique, de si aventureux. Comme une pierre jetée vers le ciel, je retombais dans le même endroit rendu poreux par mes rêves mais ne le savais pas. La grande leçon reste donc que l’inconnu c’est parfois ce qu’on a sous les yeux. Changer de regard et décaler ses convictions hors de leurs lits, suffira.

La liberté retrouvée grâce à Jules Verne

Qu’est-ce que je dois depuis à Jules Verne ? L’existence prouvée des îles alors que je vivais dans un pays qui m’enfermait dans l’immortalité des décolonisateurs et ses croyances religieuses qui annulent l’espace, le secret et le hasard. C’est avec cet écrivain que je me suis permis de réintroduire l’insulaire et l’aléa. Mais aussi le génie de l’homme qui, pour le musulman, était souvent réservé à quelques prophètes à la biographie monotone, piètres acteurs d’une soumission rapide et au récit de vie sans autres rebondissements que la prière à la gloire d’un Dieu amateur de monologues.

La mer : une source d’évasion et de mystère

Mais encore ? Avec cet écrivain français, le mystère prit place, mais aussi la mer entière. La Méditerranée était située à moins de dix kilomètres de notre village mais elle subsistait étrangère. On s’imagine peu comment cet immense territoire liquide qui pouvait plier et déplier le reste du monde comme un livre, composée d’imprévus orageux et de langueurs meurtrières redevint pour moi, à la lecture de Jules Verne, la chair même de l’inconnu. Le corps encore plus nu que la femme désirée, que la possibilité du sexe ou la surprise du déshabillage. Physiquement, si j’ose dire, la mer, en Algérie, n’a pas participé à la décolonisation mais à la colonisation. Elle s’en retrouve frappée d’un verdict terrible, celui de la traîtrise, de la femme infidèle qui a épousé l’étranger et ses causes, ses navires de guerre, armes et soldats. Elle est déclassée dans notre épopée et ne sert pas à l’évasion mais à l’invasion. La voilà exclue, pour toujours, de nos territoires et de nos imaginaires. S’y ajoute à cette exclusion une autre raison : la religion. L’Islam n’apparaît pas marin comme les divers monothéismes et son histoire est liée à la rareté de l’eau, le désert sans fin, le cheval, la voix d’un Dieu, un seul livre et quelques miracles. C’est près de la mer que s’interrompirent les conquêtes des Arabes et leurs idées et leur divinité orpheline. Et dans les textes religieux, la mer est définitivement qualifiée de « mer des obscurités », sans autres noms. Le pied marin manquera éternellement et heureusement à ce Dieu né de la sécheresse. La mer offre donc un contraire absolu à cette divinité mais aussi à ses fidèles. En effet, la plage dénude impose la preuve du corps, l’évidence de sa mortalité, le sentiment des cycles, l’âge et la beauté, l’érotisme et le courage. « C’est la seule éternité que l’on peut toucher de la main », avait conclu un écrivain français. On ne peut imaginer une meilleure plaidoirie contre l’au-delà, un suprême discours de démantèlement du paradis et un plus magnifique songe pour l’enfant. Voici, ici, scellée dans la bande du sable et d’écumes, la vérité unique de la précarité, la mortalité, la chaleur du sang ; le contrepied du paradis. J’oublie aussi de rappeler qu’au paradis, il n’existe pas de mers ou de plages all inclusives mais seulement des fleuves, fait de « vins » ou de miel, promet-on. Le paradis n’est pas lui aussi marin comme si après le jugement dernier la mer sera laissée à son sort. Abandonnée dans un Hadès où elle continuera à limer la terre et l’infini.

La mer : résistance à l’énigme et symbole d’un monde renouvelé

La mer, c’est donc Jules Verne qui en restaura en moi la résistance de l’énigme, la possibilité de défaite des frontières, les îles où se refait le premier instant du monde. Une part entière de moi se retrouva enfin honorée et appelée à vivre et rêver. Soudain, un Dieu meilleur était là : l’eau salée, l’étendue.

Mais aussi, dans l’univers de Jules Verne, on ne désespère pas, on s’évertue à tenir tête, on compte sur soi et l’on crée. Ici, les Prophètes ne tombent à genoux pour obtenir un ticket de coupe-file. On croise des héros anonymes, des ingénieurs et de l’ingéniosité, de l’intrigue et des rebondissements. Rien n’écrase l’homme, le somme de croire ou le trahi. Il est debout et tente de survivre dans un cosmos où se mêlent des rouages, des explications scientifiques, l’émotion, le préjugé et la faiblesse, les clichés de l’époque. Et surtout une version simplifiée de la science ! Cette infidélité tenace à la définition irrévocable du monde. Voilà la révolte ancienne rafraîchie, voici le mystère et l’effort qui contrent les livres sacrés. On ne vit plus dans la prière ou le soupir sur la disparition des ancêtres mais dans la thèse, l’antithèse et le repeuplement ingénieux du monde.

J’avais adoré enfant ces leçons romanesques qui me redonnaient puissances et faiblesses, ces possibilités de m’enfuir hors d’un univers où la dernière invention en date représentait le tapis volant des Mille et une nuits. Je goûtais alors de relire les aventures écrites par cet homme. Non pour leur unique plaisir d’histoires mais parce qu’elles portent un enjeu plus grave qui, d’ailleurs, restera peut-être invisible quand on est un Occidental de ce siècle. Lequel ? Imaginer ce que lire Pinocchio et rire de son Immaculée Conception signifie aux époques des inquisitions du moyen-âge ? Imaginez ce qu’on risque à feuilleter Cinq semaines en ballon au moment où l’on tuait ceux qui répétaient que la terre était ronde ? Imaginez-vous republier 1984 si les Insoumis prennent le pouvoir ?

Donc l’île, la mer, l’hypothèse, la mesure, les rouages mécaniques, l’inconnu restent des miracles. Et encore plus la possibilité d’un monde renouvelé par un naufrage ou la découverte d’un territoire. Les histoires ont le don fou de retravailler la création à partir du rien ou presque. Elles n’ont pas de prétention sauf celle de multiplier les théories et les explications. D’ailleurs, quand un seul livre est sacré, le monde ne l’est plus et le contraire apparaît vrai. À chaque fois que les livres n’ambitionnent plus la sacralité ou l’exclusivité, c’est le monde entier qui le redevient, mystérieux et équitablement réparti entre nous tous. À parts inégales dans le prodige mais à parts égales dans la possibilité de l’accepter ou le refuser. Jules Verne, prophète ; voilà ce que je revendique. Imaginez un univers inexplicable, ludique, nécessaire, et dans lequel ce Français inventif un peu oublié sera proclamé comme le père d’une nation de vivants créateurs. Salué comme l’auteur des nouvelles mille et une nuits mécaniques. C’est ce que je savoure dans l’écriture : la liberté.

Merci de votre attention. »

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Une Vente aux Enchères Éblouissante !

Dans un monde où l’art et la créativité s’entrelacent, une vente aux enchères récente a captivé l’attention des passionnés d’art et des admirateurs de l’extraordinaire. Les objets ayant appartenu à l’illustre David Lynch, le maître du surréalisme cinématographique, ont atteint des sommets inégalés en termes de prix, suscitant un émoi incroyable parmi les collectionneurs.

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Chaque pièce mise en vente n’était pas simplement un objet ; c’était une parcelle de l’univers fascinant de Lynch. Des œuvres emblématiques et des souvenirs intimes ont été proposés à des prix défiant toute concurrence, témoignant ainsi du statut légendaire que ce créateur unique a su bâtir au fil des décennies.

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Un Écho dans le Monde de l’Art

Cette vente n’est pas seulement un événement marquant dans la carrière de Lynch ; elle est également le reflet d’une tendance croissante dans le monde de l’art où les objets chargés d’une histoire personnelle prennent une valeur inestimable. Les amateurs d’art affluent vers ces pièces uniques qui résonnent avec leur propre sensibilité artistique.

Un Avenir Prometteur pour les Collectionneurs

Alors que la poussière retombe sur cette vente sensationnelle, il est indéniable que les objets ayant appartenu à David Lynch continueront à fasciner et à inspirer les générations futures. L’engouement suscité par cette vente augure d’un avenir radieux pour ceux qui cherchent à posséder une part du génie créatif qui a su capturer notre imagination.



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