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Plan de l'article
- 0.1 Le lauréat de la Palme d’Or iranien Jafar Panahi appelle à renverser le régime de Téhéran !
- 0.2 Le lauréat de la Palme d’Or iranien Jafar Panahi appelle à renverser le régime de Téhéran !
- 0.3 Une Vente aux Enchères Éblouissante !
- 0.4 Des Objets Chargés d’Histoire
- 0.5 Un Écho dans le Monde de l’Art
- 1 Une séance photo pleine de glamour
- 2 Une vie entre Paris et Hollywood
- 3 Une actrice aux multiples facettes
- 4 Un parcours d’exception
- 5 Un talent précoce
- 6 Une actrice qui ose
- 7 Une femme engagée
- 8 Une actrice qui ose se réinventer
- 9 Engagée pour les droits des femmes
- 10 Une femme engagée
- 11 Une carrière diverse et engagée
- 12 Une actrice engagée pour les droits des femmes
- 13 Une actrice engagée dans le mouvement Time’s Up
- 14 Une femme curieuse et engagée
- 15 Une actrice toujours prête à relever de nouveaux défis
Le lauréat de la Palme d’Or iranien Jafar Panahi appelle à renverser le régime de Téhéran !
- 25 juin 2025 -
Le lauréat de la Palme d’Or iranien Jafar Panahi appelle à renverser le régime de Téhéran !
- 24 juin 2025 -
Une Vente aux Enchères Éblouissante !
Dans un monde où l’art et la créativité s’entrelacent, une vente aux enchères récente a captivé l’attention des passionnés d’art et des admirateurs de l’extraordinaire. Les objets ayant appartenu à l’illustre David Lynch, le maître du surréalisme cinématographique, ont atteint des sommets inégalés en termes de prix, suscitant un émoi incroyable parmi les collectionneurs.
Des Objets Chargés d’Histoire
Chaque pièce mise en vente n’était pas simplement un objet ; c’était une parcelle de l’univers fascinant de Lynch. Des œuvres emblématiques et des souvenirs intimes ont été proposés à des prix défiant toute concurrence, témoignant ainsi du statut légendaire que ce créateur unique a su bâtir au fil des décennies.
Des Sommes Record !
Avec une ferveur palpable, les enchérisseurs se sont battus pour acquérir ces trésors d’un autre monde. Les montants atteints lors de cette vente sont tout simplement stupéfiants, prouvant que la passion pour l’art ne connaît pas de limites. Qui aurait cru que des objets si « merveilleux et étranges » pourraient se vendre à pareille hauteur ?
Un Écho dans le Monde de l’Art
Cette vente n’est pas seulement un événement marquant dans la carrière de Lynch ; elle est également le reflet d’une tendance croissante dans le monde de l’art où les objets chargés d’une histoire personnelle prennent une valeur inestimable. Les amateurs d’art affluent vers ces pièces uniques qui résonnent avec leur propre sensibilité artistique.
Un Avenir Prometteur pour les Collectionneurs
Alors que la poussière retombe sur cette vente sensationnelle, il est indéniable que les objets ayant appartenu à David Lynch continueront à fasciner et à inspirer les générations futures. L’engouement suscité par cette vente augure d’un avenir radieux pour ceux qui cherchent à posséder une part du génie créatif qui a su capturer notre imagination.
- 23 juin 2025
Partez à la rencontre de cette star américaine qui a décidé de s’installer dans la ville des lumières. Natalie Portman nous livre tous ses secrets sur sa vie parisienne et les raisons qui l’ont poussée à choisir cette destination si romantique.Plongez au cœur de son quotidien et découvrez les endroits qu’elle fréquente, les restaurants qu’elle adore, et les lieux insolites qu’elle a dénichés. Suivez ses pas dans les rues pavées de Paris et laissez-vous transporter par la magie de cette ville mythique.Mais ce n’est pas tout ! Natalie Portman partagera également avec vous ses projets futurs, ses inspirations artistiques et ses coups de cœur culturels parisiens.Alors, êtes-vous prêt(e) à vivre une expérience hors du commun en compagnie de Natalie Portman dans la magnifique capitale française ? Ne ratez pas cette opportunité unique d’en savoir plus sur cette Américaine fascinante qui a su conquérir Paris.
Une séance photo pleine de glamour
Elle fait mine de croquer dans une part de fraisier et regarde l’objectif, amusée. Autour d’elle, ça s’agite, assistants aux petits soins et agent aux aguets. La photographe, elle, mitraille. « Tiens, tu peux t’allonger sur le canapé ? » lui demande-t-elle. Ni une ni deux, l’actrice s’exécute. Dans un drôle de numéro d’équilibriste, assiette de gâteau à la main, elle lève la jambe à la manière d’une pin-up des seventies. « Comme ça ? » s’enquiert-elle. Avant d’éclater de rire devant l’incongruité de la posture. « Oui, parfait », répond la portraitiste.
Commençons par la remercier : si Natalie Portman a accepté de bonne grâce de poser sous l’objectif de sa complice Ellen von Unwerth, c’est pour célébrer le dixième anniversaire de Vanity Fair en France. Égérie Dior, l’une des marques hexagonales les plus célèbres au monde, immense star désormais installée à Paris, nulle n’était mieux placée qu’elle pour faire la couverture d’un magazine aujourd’hui présent des deux côtés de l’Atlantique. La séance se déroule un matin de mai dans une suite du Bristol Paris, à deux pas de l’Élysée. Et sous nos yeux, se rejoue la magie du glamour hollywoodien. Natalie Portman s’amuse avec des ballons gonflés à l’hélium, souffle une brise de cotillons et saute sur un lit au milieu des pétales de roses. Délicate, attentive et professionnelle.
« J’ai toujours aimé l’idée de vivre mille existences », me confie-t-elle quelques semaines plus tard, durant le Festival de Cannes. Il a fallu trouver un créneau dans un agenda impossible, entre la remise du trophée Chopard, les séances photo obligatoires et la montée des marches dans une spectaculaire robe composée de pétales bleus brodés en sequins. Je la retrouve justement dans les champs du Clos de Callian, près de Grasse, où elle tourne un projet pour Dior. Elle est ambassadrice de la maison depuis 2010 et, depuis qu’elle en est l’incarnation, les ventes de Miss Dior ont atteint des sommets. Elle picore le buffet, donne des « hugs » en guise d’au revoir à ses proches. Sa présence, dans ce cadre bucolique, en devient magnétique. On repense aux réalisateurs qui l’ont magnifiée à l’écran, de Wes Anderson à Wong Kar-wai en passant par Milos Forman ou Terrence Malick. Au fond, elle n’a cessé de transcender les registres, pour mieux déjouer les pronostics. On la croit un temps abonnée aux productions indépendantes ? Elle rejoint la saga Star Wars et se transforme en super-héroïne dans Thor. On lui colle une étiquette d’intello rigide et sans fantaisie ? Elle s’invente une vie d’étudiante délurée dans l’émission satirique « Saturday Night Live », en improvisant un rap censé raconter son quotidien à Harvard : « Je fumais de l’herbe tous les jours, je trichais à tous mes examens et je sniffais des lignes entières », lâche-t-elle entre deux jurons bipés à la télévision.
Une vie entre Paris et Hollywood
Qui est-elle vraiment ? Pour entrapercevoir une autre Natalie, il faudrait la surprendre, à l’aube d’un matin parisien, promenant ses chiens près de la place des Victoires. Ou admirant les sculptures dans le jardin du musée Rodin, l’un de ses lieux de prédilection. Depuis son mariage avec le chorégraphe français Benjamin Millepied en 2012, l’actrice a vécu par intermittence dans la capitale. Elle a vite adopté les codes de ses habitants, comme elle l’expliquait dans le magazine du Centre Georges-Pompidou : « Je dis “Beaubourg”, car j’ai vite compris qu’on ne disait pas “le Pompidou”, comme le font les Américains. » À rebours de tant d’expatriés, elle s’est constitué une bande d’amies fidèles, écrivaines, cinéastes, productrices ou journalistes. Elles se sont liées au détour d’une conversation, jusqu’à partir parfois ensemble en virée au bout du monde, genre road-trip en Inde en sac à dos. Elle est capable de sauter dans un train de nuit du Kerala au Rajasthan avec la cinéaste Rebecca Zlotowski, la productrice Sophie Mas et la maquilleuse Saraï Fiszel. Elle se fond dans la foule, anonyme, sans trembler pour son image. La romancière Anne Berest, qui partage sa passion pour la littérature yiddish, me parle d’une gaieté qui emporte tout. « C’est une femme qui vous désarme d’un sourire, qui cherche la joie en toute chose », souffle-t-elle.
Une actrice aux multiples facettes
Une guerrière se cacherait-elle dans ce petit gabarit ? George Lucas a loué la force de Natalie, Susan Sarandon sa capacité à prendre des risques. L’intéressée aime surtout explorer les limites de l’art sans s’encombrer de la morale. Dans son dernier film, May December, présenté à Cannes en compétition officielle, elle incarne une actrice de série B se documentant pour le rôle d’une professeure condamnée pour détournement de mineur (jouée par Julianne Moore). Elle rencontre la vraie femme derrière le personnage, se réapproprie sa vie et ses mimiques dans un jeu de miroirs constant. Imaginez Persona de Bergman revisité par le soap-opera. Imaginez une confrontation tout en malice et en faux-semblants. « Todd Haynes a une perception unique du comportement, remarque-t-elle. Ses personnages féminins sont toujours complexes et multidimensionnels. »
Un parcours d’exception
Natalie Portman est assise à mes côtés sur la banquette arrière d’une voiture qui nous ramène sur la Croisette. Loin de surjouer la familiarité, elle dégage d’emblée une autorité naturelle. Toutes les personnes que j’ai interrogées pour cet article ont évoqué son aura intimidante. « Nous avons eu un coup de foudre amical, explique Sophie Mas. Et il m’a fallu du temps pour ne plus être autant impressionnée par elle. » Anne Berest renchérit : « J’ai rencontré beaucoup de stars, mais personne ne dégage une telle lumière. » On devine combien cette carapace la protège aussi du regard intrusif des médias. La preuve, en trente ans de carrière, sa réputation est restée intacte. Pas de vidéo compromettante, pas d’arrestation pour conduite en état d’ivresse, encore moins de tweets problématiques déterrés du cimetière des réseaux sociaux. Tour de prestidigitation : elle semble disparaître et réapparaître sur la scène publique au gré de ses envies. Le regard caché derrière ses lunettes, elle me livre une partie de son secret : « J’ai très tôt eu cette certitude : plus je préserverai ma vie privée, mieux je me porterai. »
Un talent précoce
D’où vient cette résilience ? On serait tenté de l’attribuer à une enfance choyée, à cheval entre deux cultures, deux pays. Elle est née en 1981 à Jérusalem, avant de déménager à l’âge de 3 ans avec ses parents aux États-Unis. Le père est médecin, spécialiste de la fertilité ; la mère consacre tout son temps à l’éducation de leur fille unique. Ils vivent à Long Island, dans une banlieue paisible respirant l’American Way of Life : « Les rues étaient bordées de pavillons construits à l’identique, se remémore-t-elle avec une pointe d’amusement. On se serait cru dans Edward aux mains d’argent. » Petite, elle aime jouer, danser, « performer » comme on dit de l’autre côté de l’Atlantique. Elle est déjà fascinée par les idoles de l’époque : Julia Roberts et son sourire ravageur ; Patrick Swayze et ses déhanchements dans Dirty Dancing.
Et si c’était son tour de conquérir Hollywood ? Un jour, dans une pizzeria, elle est remarquée par un employé des cosmétiques Revlon. Frappé par la photogénie de la fillette, l’homme lui propose de prêter son visage à la marque. Natalie Portman est à peine âgée de 10 ans, mais elle décline : devenir mannequin ne l’intéresse pas. Elle en profite pour trouver un agent et décrocher ses premiers castings de cinéma. Le plus déterminant ? Celui de Mathilda, une fillette orpheline dans Léon de Luc Besson (1994). Face à une centaine d’autres prétendantes, elle surgit comme une évidence. Il suffit de revoir la vidéo de cette audition sur YouTube pour s’en convaincre. La fillette enchaîne les scènes sans jamais se laisser déstabiliser par son interlocuteur. Son visage saisit chaque émotion avec naturel, innocence, peur, émerveillement. À l’exception de la coupe au carré et du bomber kaki, l’essence du personnage est déjà là. Sur le plateau, elle se démarque par sa spontanéité devant les ténors Jean Reno et Gary Oldman. Elle apprend déjà en les observant : le premier l’étonne par son jeu minimaliste ; le second par son absence de limites. « Tout le monde m’a traitée comme une enfant et était aux petits soins avec moi, se souvient-elle. C’était mon anniversaire chaque jour. »
Une actrice qui ose
Éternel débat de cinéphile : quelle est la nature de la relation entre Mathilda et le tueur à gages joué par Jean Reno ? Un lien paternel ou une relation plus ambiguë ? Il y a quelque chose de troublant à voir la fillette, déguisée en Madonna, chanter Like a Virgin pour lui. À l’époque, ses parents tombent de haut en voyant certaines scènes du film. « Les petites connotations sexuelles résonnent différemment du scénario. Elles m’ont un peu gênée », confiait alors sa mère au New York Times. Même schéma dans le drame générationnel Beautiful Girls de Ted Demme. Natalie incarne l’une de ces « jolies filles » du titre dont le héros masculin, un pianiste en pleine crise existentielle, tombe sous le charme. La différence d’âge est assumée : elle a 13 ans, il approche de la trentaine. Leur relation s’arrête au flirt, mais laisse un sentiment de malaise à nos regards contemporains.
Hypersexualisée à l’écran, l’adolescente en subit les affres dans sa vie privée. Elle reçoit des courriers perturbants de fans adultes. Pour mieux la protéger, ses parents se montrent plus vigilants sur le choix des rôles. Ils lui déconseillent d’incarner Lolita, la nymphette la plus célèbre du XXe siècle, dans une nouvelle adaptation du classique de Nabokov. Juste intuition : le film d’Adrian Lyne peinera à trouver un distributeur américain et fera un flop en salles.
Loin de chercher la lumière à tout prix, Natalie Portman oscille, à la fin des années 1990, entre deux mondes : l’école et les plateaux de cinéma. Elle aligne des notes de première de la classe au lycée tout en faisant ses débuts à Broadway en 1997, dans une adaptation du Journal d’Anne Frank. « Elle a une fraîcheur qui ne peut pas être feinte », s’enthousiasme un critique du New York Times. Sur scène, la douleur de vivre se mêle aux tumultes de la puberté. Il est question des rapports conflictuels avec la mère et de l’éveil à la sexualité. L’actrice a découvert l’ouvrage à l’âge de 12 ans, mais il l’a accompagnée tout au long de l’adolescence, comme elle l’écrivait dans le Time : « La peur de ne rien accomplir à l’âge adulte, de mourir sans laisser de traces et de ne jamais trouver l’amour ou le bonheur, tout cela m’est apparu plus normal, à la lecture du livre, mais aussi plus trivial car j’avais le privilège de vivre. »
Une femme engagée
Dans ces mots, on décèle déjà le regard introspectif de la future diplômée de Harvard. À qui l’interroge alors sur ses priorités, elle lâche cette réponse : « Je préfère être intelligente que devenir une star de cinéma », comme si les deux qualités étaient forcément antinomiques. Sur les bancs de la fac, elle s’intéresse à la psychologie humaine et aux tréfonds de la mémoire. Elle côtoie Jared Kushner, qui deviendra le gendre de Donald Trump, et croise les futurs créateurs de Facebook, Mark Zuckerberg et les jumeaux Winklevoss. Les réseaux sociaux n’existent pas encore et elle jouit d’une relative liberté loin du microcosme hollywoodien. « Il arrivait qu’on se comporte différemment avec moi à cause de ma célébrité, confirme-t-elle. Mais dans l’ensemble, j’ai eu l’espace pour m’épanouir. » Puis quand l’été arrive, elle enfile le costume de Padmé Amidala, mère de la princesse Leia et de Luke Skywalker, dans la prélogie Star Wars. Souvent, une amie la suit sur les tournages pour lui tenir compagnie.
Une actrice qui ose se réinventer
Il y a des rencontres déterminantes dans la poursuite d’une carrière. Celle avec le cinéaste Mike Nichols, disparu en 2014, la conforte dans son envie de cinéma. Il le dit à qui veut l’entendre : la jeune actrice est de la trempe d’une Greta Garbo ou d’une Louise Brooks, monstre sacré du cinéma muet. La beauté et le talent réunis. En 2001, il lui confie le rôle de la rêveuse Nina, dans une nouvelle version de La Mouette de Tchekhov. C’est l’événement culturel de l’été : les New-Yorkais campent devant le théâtre à ciel ouvert, situé en plein cœur de Central Park, dans l’espoir d’obtenir un billet d’entrée. À seulement 20 ans, Natalie Portman doit partager la scène avec une armada de stars, de Christopher Walken à Philip Seymour Hoffman, sans oublier Meryl Streep. Ni le pedigree de ses collègues ni la taille de l’assistance – près de 2000 sièges – ne la déstabilisent. Pendant un mois, elle livre une performance aussi « remarquable », souligne Variety, que celle de sa glorieuse aînée. Mike Nichols, ce génie capable de dompter le duo infernal formé par Elizabeth Taylor et Richard Burton dans Qui a peur de Virginia Woolf ?, devient un allié de taille, un mentor et un ami. « Il me donnait des conseils dans tous les domaines, de l’argent aux relations en passant par ma carrière, raconte-t-elle avec tendresse. Sa générosité a été le plus beau des cadeaux. » Il l’enveloppe aussi de son regard bienveillant sur le tournage de Closer, entre adultes consentants (2004), chassé-croisé amoureux en forme d’autopsie du couple. Aux images explicites, le film préfère la chair des mots pour évoquer le désir. Seule exception, la scène où l’actrice se lance dans un numéro d’effeuillage, coiffée d’une perruque rose électrique. Le cinéaste s’assure qu’elle soit à l’aise « avec les angles, le costume et les mouvements », lit-on dans l’ouvrage Mike Nichols, A Life. Il accepte même de couper une partie de la séquence à sa demande.
Engagée pour les droits des femmes
D’où tire-t-elle la force qui lui permet d’échapper aux rôles assignés ? Au milieu des années 2000, Natalie Portman finit par se lasser des personnages archétypaux : ingénue, princesse intergalactique. Elle en a fait le tour et souhaite que son cinéma interroge aussi l’état du monde. Alors elle passe des essais pour le subversif V pour Vendetta, l’adaptation d’une bande dessinée mettant en scène un combattant anarchiste dans une Angleterre totalitaire. Bryce Dallas Howard et Scarlett Johansson convoitent également le premier rôle féminin. Mais le réalisateur James McTeigue est bluffé par sa rencontre avec Natalie Portman : « Elle connaissait l’œuvre d’origine par cœur et sa présence était saisissante. » Détail non négligeable, le film implique une métamorphose morale et physique. Pour rendre une scène de torture plus réaliste, on lui rase le crâne devant la caméra. « Je n’avais le droit qu’à une seule prise, se souvient-elle. Mais c’était moins effrayant que je ne l’imaginais. » Elle l’ignore, mais c’est un parfait coup de publicité pour ce long-métrage alors confidentiel. En mai 2005, de passage sur la Croisette pour la projection de Star Wars, épisode III : La Revanche des Sith, elle arbore une robe noire en velours et la boule à zéro. Ce nouveau look surprend et attise la curiosité. Ses moindres faits et gestes sont désormais scrutés.
Une femme engagée
Pas question d’exhiber sa vie privée pour autant. Elle est photographiée avec le mannequin Nathan Bogle ou le chanteur Devendra Banhart, mais on ne lui connaît officiellement aucun petit ami. En 2009, elle rencontre Benjamin Millepied sur le tournage de Black Swan, un thriller schizophrénique dans le milieu de la danse classique. Le chorégraphe, passé par l’Opéra de Paris et l’American Ballet Theatre, entraîne l’actrice à devenir une ballerine crédible. Le travail les rapproche. Elle est persuadée d’avoir trouvé son âme sœur. Aux Oscars 2011, elle foule le tapis rouge en sa compagnie, radieuse et enceinte de leur premier enfant. Nommée dans la catégorie « meilleure interprétation féminine », elle remporte sa première statuette dorée. Quelle image garde-t-elle de ce sacre ? « J’ai levé la tête et aperçu ma famille au balcon. J’étais contente que ce soit fini. La soirée avait été stressante pour tout le monde. »
Une carrière diverse et engagée
Encore faut-il gérer l’après Oscar. Natalie Portman essaie de nouveaux genres, une comédie légère, un film en français. Le rôle en or se fait attendre ? Elle rejoint le cinéaste Darren Aronofsky pour monter un projet sur Jackie Kennedy. Loin du biopic traditionnel, le film met en scène la première dame dans les jours suivant l’assassinat de son mari. Le réalisateur chilien Pablo Larraín pose une seule condition : Natalie Portman doit tenir le rôle principal. Même élégance sophistiquée, même gravité dans le regard. La comédienne est de toutes les scènes, visage dévasté et tailleur rose taché de sang. Se dessine à l’écran le portrait d’une icône en devenir, consciente d’écrire l’histoire. Nouvelle collision entre la fiction et la réalité. L’actrice s’interroge à haute voix sur la construction médiatique, les dissonances entre vie privée et vie publique. Elle reconnaît s’identifier d’une certaine manière au personnage : « Le fait d’être prudente dans mes prises de parole pour que les gens pensent à moi d’une certaine manière », explique-t-elle à l’époque au Washington Post.
Une actrice engagée pour les droits des femmes
Derrière son histoire se profile aussi celle d’une industrie entière. En 2017, l’affaire Harvey Weinstein secoue le monde. Des centaines de femmes, parmi lesquelles des actrices célèbres, accusent le producteur américain de harcèlement, d’agressions et de viols. À l’orée de ces révélations, Natalie Portman rejoint Time’s Up, le mouvement de lutte contre les violences sexuelles dans l’industrie du cinéma. Elle manifeste en janvier 2018 à la Women’s March, qui réunit activistes et coalitions d’associations féministes. Devant la foule, elle livre un discours coup de poing sur le « terrorisme sexuel » à Hollywood et raconte comment elle a vécu d’avoir été hypersexualisée très jeune : « J’ai mis en avant mon goût pour les livres, mon côté sérieux et je me suis habillée de manière élégante. Je me suis forgé une réputation de femme prude, conservatrice, intello, sérieuse, afin que mon corps soit protégé et que l’on écoute ce que j’avais à dire. » Il ne lui est rien arrivé de « grave », souligne-t-elle aujourd’hui, mais elle songe à toutes les femmes croisées au cours de sa carrière. « Pourquoi cette fille, avec qui j’ai joué à l’âge de 13 ans, a soudain disparu des écrans ? Beaucoup ont fui le milieu du cinéma en réaction à ces comportements. »
Une actrice engagée dans le mouvement Time’s Up
Même sur le tapis rouge, le style se fait plus militant. Aux Oscars 2020, elle porte une cape Dior où sont brodés les noms des metteuses en scène snobées par l’Académie : Lorene Scafaria, Lulu Wang ou encore Greta Gerwig. Privilégie-t-elle les projets portés par les femmes ? La question l’interpelle, mais elle nuance : « Les réalisatrices doivent avoir les mêmes opportunités que les hommes. Mais la qualité d’une collaboration dépend de l’individu et non du genre. » Elle ne croit pas non plus à l’existence d’un regard intrinsèquement féminin : « Je trouve cette vision réductrice. Cela revient à nier les individualités et les différences de points de vue. »
Une femme curieuse et engagée
Alors que la voiture s’approche de l’hôtel Martinez, Natalie Portman m’interroge sur mon programme cannois : ai-je vu beaucoup de films ? Lequel ai-je préféré ? Elle est attentive à mes mots, me fixe derrière les verres fumés de ses lunettes. Anne Berest confirme : « Elle a une véritable curiosité pour les autres. Elle ne vous lâche pas tant que vous n’avez pas répondu à ses questions. » La romancière en a fait l’expérience. Dernièrement, Natalie Portman elle-même l’a interviewée pour le club de lecture qu’elle a créé sur son compte Instagram @ natsbookclub. Elle s’est enquis de la genèse de La Carte postale, le best-seller d’Anne Berest, qui raconte une histoire familiale marquée par le drame de la Shoah. Natalie Portman, dont les arrière-grands-parents sont morts dans les camps, a été frappée par ce récit. Mais elle s’est aussi attachée à décortiquer la forme, la structure chronologique, à questionner le rapport au passé ou à la mémoire. « Elle a soulevé des points jamais évoqués auparavant, révèle la romancière. Elle a un regard d’une rare acuité. »
Une actrice toujours prête à relever de nouveaux défis
Interprète, intervieweuse, productrice, mère de deux enfants… Quels nouveaux défis l’attendent ? On peut parfois la croiser dans les tribunes du principal stade de foot de Los Angeles, vêtue du maillot noir de l’équipe féminine Angel City FC, qu’elle a cofondée en 2020. La verra-t-on un jour sur un terrain ? « Non, reconnaît-elle avec franchise. Je ne suis pas du tout sportive. » L’idée lui est venue en observant son fils Aleph regarder la Coupe du monde féminine « avec le même enthousiasme que pour les matchs des équipes masculines ». Pour ce projet, elle a attiré un prestigieux groupe d’investisseurs où se côtoient Eva Longoria, Serena Williams ou Jessica Chastain. Succès immédiat. Le club a vendu 16 000 abonnements pour sa première saison et engrangé 35 millions de dollars de recettes. Prochaine étape : « Renforcer la visibilité de ces athlètes et changer les mentalités. » Après la séance photo de Vanity Fair, Natalie Portman a sauté dans un avion pour Los Angeles. On la devine prête à jongler avec de nouveaux projets. Vivement notre prochain anniversaire.




